Faire du VTC en complément d’un emploi salarié : combien reste-t-il vraiment ?

Dhraagiconseil · · XLZL
VTC en complément

De nombreux salariés se disent : « Je vais faire un peu de VTC en plus de mon travail, histoire de compléter mon salaire ». L’idée paraît simple, mais la réalité est plus dure. Entre les limites légales, les coûts fixes et la rentabilité réelle, le “VTC en complément” mérite un examen sérieux.

Cumul horaire : une limite légale difficile à contourner

Un salarié à temps plein travaille 35 heures par semaine. La loi fixe une limite à 48 heures hebdomadaires, avec 11 heures de repos obligatoires entre deux journées. Concrètement, ajouter 13 heures de VTC fait déjà dépasser ce plafond. Certains le font, mais il faut savoir que c’est illégal et que la fatigue au volant devient un vrai danger.

Revenus possibles : le calcul brut

Prenons 13 heures par semaine derrière le volant. Avec une moyenne réaliste de 20 km/h en zone urbaine, cela représente environ 260km parcourus en charge de passager.

  • Pour déterminer le chiffre d’affaires (CA) on calcule avant les commissions, 1€ net chauffeur (minimum légal) = 1,33€ de CA
  • Pour 260km et 47 semaines de travail, le CA à déclarer est donc de 16253,00€
  • 25% de commission = 4063,15€
  • Sur une année complète (47 semaines), le net chauffeur atteint environ 12190€.

Sur le papier, la somme semble intéressante. Mais il faut ensuite enlever tous les frais fixes et variables.

Assurance : un coût lourd pour peu de disponibilité

L’assurance professionnelle VTC est obligatoire. Elle ne s’adapte pas au temps travaillé : même pour quelques heures par semaine, le prix reste le même. En moyenne, il faut compter 4500€ par an, soit environ 2225€ avec un bonus de 0,50. Cet abonnement grignote déjà une partie importante des revenus.

La RC pro est obligatoire. Elle ne s’adapte pas au temps travaillé : même pour quelques heures par semaine, le prix reste le même. En moyenne, il faut compter 120€ par an

Carburant et entretien : le poste oublié

Un VTC électrique coûte en moyenne 0,30€ de frais par kilomètre (énergie, pneus, lavage,…). Sur 12220 km annuels, cela représente environ 3700€ de dépenses. Ces frais sont réels et incompressibles.

Cotisations sociales : 22 % en micro-entreprise

En régime micro, il faut verser environ 22 % du chiffre d’affaires à l’URSSAF. Sur 16253€, cela correspond à 3576€ de cotisations. Attention : ces cotisations n’ouvrent pas de droits supplémentaires, puisque le salarié cotise déjà via son emploi principal.

TVA intracommunautaire pour la franchise en base

Avec les plateformes situées hors de France, la TVA sur les commissions doit être autoliquidée et payée (cf cet article). C’est une charge. Soit 20% de TVA intracommunautaire sur les commissions donne 813€ de TVA due

Résultat net : la réalité du complément

Si on récapitule :

  • Revenus bruts : 16253,00€
  • Commissions : – 4063,15€
  • Assurance : – 2345,00€
  • Carburant/entretien : – 3700,00€
  • Cotisations sociales : – 3576,00€
  • TVA IC : – 813,00€

👉 Résultat net : 1756,00€ par an, soit environ 150,00€ par mois.


⚠️ Attention piège : le VTC en complément use votre voiture sans financer son remplacement

Beaucoup de salariés pensent qu’ils peuvent faire du VTC en complément puisqu’ils possèdent déjà un véhicule adapté. L’idée paraît logique : pas de crédit, pas de LLD, donc pas de frais fixes supplémentaires. Mais la réalité est différente.

En roulant 13 heures par semaine, vous ajoutez plus de 13500 km par an à votre compteur, approche incluse. Cela représente 40000 km de plus en trois ans, uniquement pour l’activité complémentaire. Résultat : votre voiture se déprécie plus vite, vous atteignez les grosses révisions prématurément, et vous réduisez fortement sa valeur de revente.

Or, avec un revenu net moyen de 150€ par mois une fois les charges déduites, cette activité ne permet pas d’épargner pour remplacer le véhicule. Le jour où il faudra changer de voiture, l’activité VTC complémentaire n’aura pas généré assez de trésorerie pour financer un nouveau modèle.

👉 Conclusion : le VTC en complément ne “paye pas la voiture”, il l’use. C’est un point clé que beaucoup de chauffeurs sous-estiment au moment de se lancer.


En complément mais hors application : vraiment rentable ?

Certains pensent contourner les applis en créant leur propre clientèle avec un site web et des campagnes Google Ads. En pratique, un site simple coûte 500 à 1000€ (sauf chez DhraagiConseil.fr !). Une campagne Google efficace démarre à 200€ par mois. Pour un chauffeur disponible seulement quelques heures par semaine, le retour sur investissement devient quasi nul. Construire une clientèle hors appli demande du temps et une vraie disponibilité, ce qui est incompatible avec un emploi à temps plein.

En dehors de la micro entreprise ?

Le statut qui permettrait de ne pas cotiser “en double” serait la SASU, quel que soit le régime fiscal. Mais le coût de mise en place, les coûts fixes supplémentaires, fonctionnement et honoraires, doivent être calculés très précisément afin de déterminer l’intérêt d’une telle structure pour un complément de revenu finalement médiocre. DhraagiConseil.fr peut faire cet audit gratuitement pour vous.

Faut‑il prévenir l’employeur ?

Dans le privé, la loi n’exige pas une déclaration systématique, mais il faut vérifier le contrat : une clause d’exclusivité peut interdire toute autre activité (elle ne s’applique pas au temps partiel) et il faut respecter la loyauté envers l’employeur. Mieux vaut informer pour éviter tout conflit d’intérêts et il faut aussi respecter les plafonds : 48 h max par semaine, 44 h en moyenne sur 12 semaines, et 11 h de repos quotidien. Dans le public, il faut demander une autorisation et, pour créer/exploiter une entreprise, l’administration impose souvent un temps partiel d’au moins 50 %.

Conclusion : un appoint qui coûte cher

Faire du VTC en complément d’un emploi salarié reste possible, mais les chiffres sont clairs: pour 13 heures par semaine, il ne reste qu’environ 150€ nets par mois. Les coûts fixes et variables (assurance, entretien, cotisations,…) pèsent trop lourd pour espérer plus. Et surtout, le cumul horaire dépasse souvent les limites légales, au risque de mettre en danger la sécurité du chauffeur et de ses passagers.

👉 Le VTC en complément peut aider à arrondir les fins de mois, mais il ne faut pas se faire d’illusions : ce n’est pas un levier de revenu significatif, et encore moins une solution durable.

Louer votre véhicule 4 jours par mois entre particuliers via les plateformes sera plus lucratif et moins risqué.

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